Nous avons survécu au « DRAKE PASSAGE » !!!!
31st March, 2008Lundi 24 Mars, a été le dernier jour où l’on a marché sur le continent….enfin, plus vraiment le continent, mais plus tôt 2 îles de l’archipel des Shetland. Le matin, nous avons débarqué dans un 1 site très intéressant, pas vraiment exceptionnel par la beauté de son paysage, ni la richesse de sa faune (quoique là encore les phoques à fourrures étaient légion), mais plus tôt pour la richesse de son histoire. En effet, « Deception Bay » (pas très engageant comme nom je vous l’accorde), était une base très importante pour la pêche à la baleine jusqu’au milieu de 20ème siècle !!!! Qui l’eut cru !!! Cette baie a été baptisée ainsi car, les premiers marins qui y ont posé leurs bateaux, ont tout d’abord été déçus par cette île à la forme d’une couronne, car ils ne trouvaient pas de canal leur permettant d’accéder en son centre, passage, qu’ils ont fini pas débusquer. Au centre de l’île se trouve un volcan, toujours en activité quoique très réduite. Lors de la formation géologique de cette île, l’irruption de ce volcan a provoqué un affaissement du niveau de la terre, accentuée par le fait qu’elle se trouve positionnée entre 2 plaques tectoniques. Tout le long de la plage, il y avait de nombreux phoques qui étaient en train de se poursuive, de se morde, de chahuter en poussant des cris, la naturaliste nous a expliqué qu’il s’agissait de jeunes mâles, des ado, bruyants et joueurs. Il fallait tout de même faire très attention à ne pas les approcher car ils sont vifs et leur morsure est terrible. En effet elle garantie une belle infection, voire un septicémie… sympa pour terminer le voyage surtout pendant le passage du Drake….
Mais la caractéristique de cette île était donc l’ancienne base baleinière Norvégienne qui a servi jusqu’en 1931. Puis cette base a été transformée par les Anglais, en base scientifique, jusqu’en 1967, date de la dernière éruption. Une coulée de lave et de boue a dévastée de nombreux bâtiments, et les traces sont encore visibles. Les vestiges de cette base baleinière sont émouvants car l’on peut aisément s’imaginer, les milliers de rorquals ramenés sur cette baie pour y être coupés en morceaux afin de récupérer leur précieuse huile. Les norvégiens ont décidé de fermer cette base pour des raisons économiques…. Les prises de consciences environnementales n’étant pas encore d’actualité….
Il fallait faire attention en marchant sur cette plage, en explorant les recoins des bâtiments restés debout, l’intérieur des cuves servant à récupérer l’huile, et les carcasses des embarcations, à ne pas tomber nez à gueule avec un jeune phoque belliqueux ….
Avant de repartir, quelques aventureux, ont tenté une petite baignade, dans une eau à moins de 10°C, cela rafraîchi, malheureusement, je n’avais pas prévu l’activité « piscine » dans mon programme de la journée…dommage !
La deuxième sortie de la journée,et la dernière du voyage, fût sur l’île de « Half moon ». La encore la faune dans cet endroit était particulièrement florissante, en plus des phoques toujours aussi nombreux et chahuteurs, nous avons pu observer de nombreux pingouins à jugulaires, beaucoup plus craintifs que le pingouin Gentoo , mais aussi beaucoup plus bruyants. En principe, dans cet endroit, nous aurions pu voir le pingouin Adélie, mais du fait de l’avancée tardive dans la saison, ces derniers avaient déjà migrés vers des cieux plus cléments.
C’est ainsi que ce termina notre voyage en Antarctique, il était temps désormais de se diriger vers le fameux « Drake passage » !!!!!
Notre départ vers le Nord, s’est déroulé doucement dans un premiers temps. Nous avons quittés les paysages glacés, et les icebergs sous un soleil couchant magnifique, et avons passé une soirée agréable, improvisant une petite fête sachant que le lendemain, ce ne serait pas la même histoire. Capitaine Georges a pendant la nuit fait parcourir à son bateau une distance remarquable ; si bien qu’au matin, nous nous sommes réveillés au son de la douce voix de Peter : « Inspire team, Inspire team, Inspire team », mais le reste de son discours était beaucoup moins agréable, « nous sommes bien avancés dans le Drake passage, il fait une température de 2°C, des vents de 80km /h, et des vagues de 6mètres, mais ce n’est que le début, car nous avançons vers un petit ouragan…. »…. Bon ben c’est pas tout ça là, c’est l’heure du petit déjeuner….. Pour vous situer, le midi et le soir nous mangions à table, mais le matin, nous avions droit à un buffet.
Ce jour là, le petit déjeuner fût épique, il fallait faire plusieurs voyages pour aller chercher le bol, puis le verre de jus, puis le thé, car il faut toujours prévoir une main de libre pour se tenir au passage à tout ce qui nous entoure, les tables, les chaises, et autre voisins, par ailleurs, tout aussi en difficulté que nous….
En fur et à mesure que l’après midi avançait, les vents se renforçaient, et effectivement, l’ouragan annoncé était sur nous…. Les roulis étaient impressionnants, nous marchions dans le bateaux penchés à d’un coté ou de l’autre, les vagues s’écrasaient contre les vitres dans un bruit assourdissant, et le bateau surfait sur les vagues, pour une fois en haut, retomber dans tout son poids, dans le creux de la vague suivante…. Cette fois, le repas pris à la cantine a été très compliqué, nous devions tenir nos assiettes pour ne pas qu’elles volent, et les surélever pour éviter qu’elles ne se renversent…. alors que les serveurs, de vrais acrobates nous apportaient les plats avec une aisance impressionnante ! Les ¾ de mes camarades étaient HS, et 90% d’entre nous avaient pris des médicaments contre le mal de mer. Il y en avait de toute sorte, allant des cachets en passant par le bracelet qui exerce une pression sur le poignet, pour finir par le plus prisé, le patch a se coller sous l’oreille… Presque tout le monde sur le bateau était « patchés », et certains comme Sheena ma collègue de Coca Cola Australie, et non moins devenue mon amie, avait, comme à l’allé, opté pour le coffret complet bracelet-medoc-patch, mais, comme à l’allé, cela ne l’a pas empêchée, dés le matin du 1er jour du passage, en plein milieu du petit dej, de se précipiter dans sa cabine, pour y rester 2 jours couchée…..j’allais la voir, toutes les heures, pour les apporter du pain (seul aliment qui pouvait passer), et lui raconter les histoires qui se passaient à bord, quoique l’activité y était de plus en plus réduite, nous étions tous à plat… J’ai perdu mon patch dés notre départ des îles Shetland, et j’ai décidé de ne pas en remettre, je voulais, bravement affronter les douleurs de l’ouragan…En fait, le patch donne une sensation vaseuse, assèche la bouche avec une soif permanant, et en prime peut également agir sur le moral… Cette première nuit au milieu de la tempête a été impressionnante, j’ai décidé de dormir dans la salle de réception car l’idée de dormir enfermée dans ma cabine projetée d’un coté à l’autre du lit, avec en prime des odeurs très désagréables remontant des canalisations ne m’enchantait guère…. Notre responsable sécurité préféré, Jumper, a décidé de nous faire dormir dans la salle de projection, car dans la salle principale, nous risquions de recevoir les tables volantes en pleine nuit, voir pire, les vitres pouvaient exploser sous les vagues de plus en plus hautes…. Au milieu de la nuit de me suis retrouvée projetée par terre au pied du canapé où je m’étais installée. Après 2 autres chutes, j’ai donc décidée de rester au sol, mais les coussins en simili cuir sur lesquels je m’étais blottie me faisait glisser d’un coté à l’autre de la salle, jusqu’à ce que ma tête heurte le pied d’une tableau fixée au sol….sans conséquence, mais pas très agréable…. Pour finir, j’ai dormi, accrochés autour de ce pied de table tel à un mat, pour éviter les glissades intempestives…inutile de préciser que la nuit a été courte…. J’entendais depuis la cuisine, voler les instruments, les meubles, les ingrédients et la vaisselle en tout genre….. Et puis l’aube est arrivée, mais la tempête était toujours là…. Peter nous appris que pendant le nuit les vents ont atteint plus de 100km/h et les vagues, 10mètres… L’une des aventurières, en tombant du haut de son lit superposé, s’est même cassée la cheville !
Ce matin, il était impossible de descendre dans la salle à manger, un vrai champ de bataille, mais le remarquable personnel de cuisine, a réussi à nous préparer un petit dej dans la salle principale. Cela relève de l’exploit car pour nous, qui n’avions pas le pied marin, rester debout plus de 10 pas était quasiment impossible, en position verticale nous dansions d’un pied sur l’autre avec des accélérations impressionnantes à chaque fois que le bateau tanguait. Durant l’après midi, nous connûmes le paroxysme de la tempête qui a atteint une force de 12, la vitesse du vent était de 120 km/h, les vagues jusqu’à 11mètres, et le bateau ondulait à plus de 45°.… une vrai petite ballade de santé….
Puis dans la soirée la tempête s’est atténuée, le capitaine Gorges nous a sorti indemnes de ce mythique passage du cap Horn !!!!! Quel talent !!!! Nous pouvions voir à l’horizon se dessiner les côtes patagoniennes. La température extérieure était remontée, une légère brise nous accompagnait, et les « patchés malades » sont peu à peu sortis de leur cabine où ils « hibernaient » en attendant qu’après le pluie vienne le beau temps…. Ce dernier soir sur le « Ushuaia », nous avons fêté dignement la fin de cette expédition extraordinaire, qui je l’espère changera notre vie, et inspirera celles de ceux qui nous entourent. Nous nous sommes tous engagés sur 3 actions à mener en faveur de l’environnement. Je me suis personnellement promis de mesurer concrètement l’impact de mes habitudes quotidiennes sur les émissions de carbone, de remplacer mes ampoules par des ampoules à basses consommations d’énergie, et d’éteindre systématiquement les appareils électroniques laissés en veille. Voilà l’expédition est terminée, mais l’aventure pour la sauvegarde de l’Antarctique continue, au travail maintenant !!!!!
